Anthony Stéphan

dimanche 30 avril 2006

Silent Hill

C'était un peu mon "passage obligé" du moment, ne serait-ce que pour saisir l'univers d'une série de jeux-vidéo qu'on m'a tant vantée ces dernières années. Simple curiosité sans réelle attente puisque les adaptations de jeux-vidéo à l'écran n'ont jamais été exceptionnelles jusqu'ici, certaines parviennent à des divertissements de moyenne facture - Tomb Raider voire (en tendant la main) Resident Evil - mais la plupart sont consternantes de ridicule (Évitons de leur faire de la publicité !).

Ne connaissant la série des Silent Hill que de loin, je pars donc avec peu de clefs mais aussi avec nettement moins d'exigences quant à la fidélité de l'adaptation. Les critiques la disent fidèle, je viendrais donc chercher au minimum un divertissement. Le film entend cependant m'en proposer davantage...

La première demi-heure parvient assez brillamment à créer une atmosphère et on constate immédiatement une esthétique très réussie, le sentiment sera confirmé par la suite puisque la réalisation est dans l'ensemble soignée (effets spéciaux compris).
Mais tout cela est-il vraiment divertissant ?
Pour les yeux parfois, malheureusement rarement plus.
On assiste pendant près de 2H00 à un délire cauchemardesque dans lequel on ne trouve pas beaucoup de sens.
Peut-être en pré-requis à la séance fallait-il connaître la série ?
Le propos est soit hermétique, soit dépourvu de sens, soit peine sérieusement à se rendre accessible.
Je ne suis pas contre les films qui ne sont pas évidents, il reste qu'il faut pour cet exercice un minimum de crédibilité et l'assurance que derrière il y a une réflexion. Ici, je reste perplexe, il y a certes des idées, parfois des symboles, mais je n'entrevois pas quelque chose de sérieusement abouti et réglé d'un point de vue scénaristique.

Par ailleurs, l'importance du Religieux dans le film me pose aussi un sérieux problème de fond, même si la religion est ici présentée dans une certaine mesure et avec lucidité comme une secte pathétique qui célèbre le renoncement à la vie.

A vrai dire, on ne sait pas exactement quel est le propos du film, le schéma proposé est en surface peu manichéen mais est dans le même temps une caricature de ce que l'on voit régulièrement des les thrillers psychologiques/fantastiques. D'autre part, le fantastique vient ici en renfort dès que les explications s'essoufflent comme dans pour ainsi dire tous les films fantastiques / SF. C'est la raison qui fait que j'ai de plus en plus de mal avec le genre. Trop de facilités.
J'admets volontiers que l'exercice est difficile, aussi je crois qu'il mérite au minimum une réflexion et non d'incessantes galipettes métaphysiques et paranormales. Dans le cadre d'un divertissement, je ne les refuse pas catégoriquement, je dis juste qu'il convient de leur donner un minimum de sens ou à défaut, de ne pas chercher du tout à leur en donner, le "n'importe quoi" prétentieux ne parviens pas à me divertir. Et j'ai quand même un désagréable sentiment de "n'importe quoi" non assumé avec Silent Hill. Peut-être me faudra-t'il le revoir pour lui trouver, au delà de sa forme, des choses vraiment intéressantes (à commencer par du sens) ? Mais est ce qu'il en vaut la peine ? Suis-je véritablement passé à côté du film ?

En fait je crois que ce qui différencie clairement Silent Hill des autres adaptations de jeux vidéo, c'est qu'il a des prétentions et qu'il lui faut les assumer. Malheureusement, il vaut mieux parfois rester à sa place et se contenter de faire un divertissement bas étage.

mercredi 26 avril 2006

V pour Vendetta

J'attendais ce film au tournant. Non pas parce que je suis admirateur du travail de Alan Moore puisque pour tout dire je ne le connaissais pas jusqu'ici (les choses risquent néanmoins de changer à présent). Non, je l'attendais tout particulièrement pour 2 raisons : son thème et son actrice principale, Natalie Portman, dont j'essaye de suivre quelque peu la carrière. Passons sur Natalie Portman dont les prestations sont rarement décevantes (même si elles ont néanmoins du mal à me scotcher durablement) et qui reste pour moi l'une des actrices les plus prometteuses de ces dernières années. Venons en au film et à son thème. Révolutionnaire ? Très certainement. Anarchiste ? Pas clairement. Libertaire ? Comme rarement. Oui, rarement j'ai vu un film qui mettait autant (et si bien) en valeur la Liberté, sa nécessité, le combat qui doit être mené pour la conquérir, pour la défendre et pour l'entretenir.

Je suis ouvertement libertaire (J'utilise plutôt le terme "libertarien" pour échapper à la connotation "anarchiste" du terme mais en ce qui concerne la Liberté, cela revient à peu près au même), et par conséquent, ce discours me plait : placer la Liberté au dessus de tout, ce n'est pas seulement noble dans l'idée, c'est une nécessité. Je l'accorde, libertaire n'est pas tout à fait le personnage principal du film. Il estime sa vengeance comme la priorité, elle s'inscrit pour autant sans aucun doute dans une démarche libertaire puisqu'au delà de cette vengeance, on entrevoit un gain de liberté évident.

Je lis de nombreuses critiques sur ce film. Certains annoncent un film dangereux, qui fait une éloge du terrorisme, et qui (paradoxalement ?) serait manichéen. Je ne suis pas d'accord avec ces points de vue. Je trouve justement le film plutôt nuancé dans le sens où il s'avère assez humaniste. Il y a certes des mauvais, mais y-a-t'il des bons ? J'entends, au sens judéo-chrétien ? Je ne les ai pas vus. Le film cherche-t'il à excuser les actes de vengeance de V ? Je n'ai pas vu non plus à quel moment. V les justifie en ce qui le concerne, mais ce point de vue est subjectif, strictement subjectif, Evey n'est par exemple pas d'accord avec lui, même si elle ne voit souvent pas de raison de s'y opposer fermement. Rien est évident, cette réflexion sur la Vengeance est difficile puisque qu'elle ramène tôt ou tard à la question du Pardon. Peut-on tout pardonner ? De mon point de vue, certainement pas. Faut-il dès lors se venger ? C'est une autre question mais je crois que c'est à la victime d'y répondre.

Au delà de cette vengeance et de cette quête libertaire, V est un personnage intelligent, lucide, amoral, hors norme et shakespearien. Il est aussi excessif et cruel. Je dois dire que j'aime assez le personnage dans l'ensemble. Son discours et sa répartie m'ont procuré quelques franches jubilations pendant la séance. Son combat dans cette société assez proche de celles imaginées (ou entrevues) par G. Orwell dans "1984" ou encore par R. Bradbury dans "Fahrenheit 451" me plait, il est magistral, noble et sans concession.

Je suis tout à fait ravi de voir enfin un film marquant depuis "Lord of War" cette année. Je restais jusqu'ici plutôt sur ma faim avec même quelques semaines de "diètes cinématographiques" courant février / mars, c'est dire à quel point ces dernières semaines ont été pour moi cinématographiquement palpitantes...

vendredi 21 avril 2006

Woody Allen boude Paris !

La nouvelle ne surprendra personne, Woody Allen avait prévu de tourner son prochain film à Paris mais il a fait demi-tour pour Londres en voyant le budget prévisionnel du tournage. Faut-il expliquer à quel point il est dommage de passer à côté d'un tel film ? Ceux qui connaissent Woody Allen savent ce que Paris vient de perdre...

Je lisais pourtant il y a tout juste quelques semaines que Paris était sur le point de se rendre "accessible" aux productions étrangères, je ne sais pas ce qu'elle attend ! Il n'y a pas que des budgets démesurés à la "Da Vinci Code" (loin d'être totalement tourné à Paris d'ailleurs) ou à la "Marie Antoinette" (et encore pour ce dernier, il semblerait qu'il ait fallu très franchement négocier) ! Paris me semble bien exigeante et prétentieuse !

Le site de Paris annonce pourtant presque fièrement ses 11 tournages étrangers pour 2005 ! Il se garde bien de donner l'essentiel, c'est à dire le nombre d'heures / jours de tournage puisque pour au moins la moitié de ces films, il ne s'agit que de quelques séquences.

"L'année 2006 sera marquée par la mise en place d’importants chantiers pour faciliter les tournages à Paris :
- une politique tarifaire (redevances et taxes de stationnement) cohérente, transparente et harmonisée pour l’utilisation de lieux dépendants de la Ville.
- une Charte d’agrément entre les producteurs et la Ville de Paris précisant une réciprocité d’engagements un Guide des tournages comportant l’ensemble des éléments mis à disposition de toute société souhaitant tourner à Paris."

Paris.fr (09/01/06) Progression des tournages de films à Paris en 2005

Eh bien, action !