Anthony Stéphan

mardi 14 novembre 2006

Yahoo Coming NEXT ! Who's next ? ETYL ?

Avec quelques mois de retard, je me permets de vous faire découvrir (si ce n'est pas encore fait) un programme particulièrement intéressant de Yahoo!
"Coming next", le programme français lancé par Yahoo! Music France en juin fait écho à l'américain "Who's next". Le principe est calqué sur ce dernier mais (à décharge ?) la France semble la première à l'adapter en Europe...

Chaque mois, Yahoo! sélectionne 4 artistes peu connus, méconnus et/ou en plein envol et les met en avant sur son site. Classiquement, les internautes sont amenés à découvrir ces artistes et à voter pour celui qui apparaît être le plus convaincant / séduisant. L'artiste qui termine en tête des votes se voit proposer par Yahoo! un concert privé dans une salle annexe de l'Olympia - la fameuse salle de billard où Bruno Coquatrix réalisait ses auditions. C'est déjà ça de pris...

Je salue cette initiative car elle me plaît dans ses objectifs et dans sa sélection, réellement courageuse. Il y a un nombre important d'artistes en France qui ont du talent et qui feraient sans aucun doute un carton si on leur offrait un peu de lumière. Partant de ce constat, je suis heureux d'entendre Nicolas Gilbert, responsable de Yahoo! Music en France, défendre son programme en expliquant que Yahoo! Music "joue [son] rôle de média pour des artistes qui n'ont pas ou peu d'exposition médiatique" car il est clair et malheureux que ce n'est pas la préoccupation la plus courante de nos médias (pour lesquels, vous le savez, j'ai assez peu de considération).

J'en profite pour vous appeler à voter ce mois-ci pour ETYL, une artiste que j'ai découverte en tout début d'année et qui se trouve être l'une de mes révélations 2006 aux côtés de Orly Chap, Ariane Moffat, Caroline Lufkin et La Fille d'Octobre. J'en reparlerai à l'occasion, après un concert (au mois de décembre ?).

Pour information, il semblerait qu'aux Etats Unis, Franz Ferdinand ait percé grâce à ce programme. Il y a donc de l'espoir, après la salle de billard de l'Olympia.

mardi 11 juillet 2006

3 jours à Solidays

Solidays fut cette année encore un rendez-vous estival immanquable pour les amateurs de musique en plein air.

En ce qui me concerne, le programme des festivités a été plutôt "light" cette année :

- Vendredi : Olivia Ruiz, The Zutons (vaguement) et Thiéfaine (à moitié) ;
- Samedi : Têtes raides (à moitié), Anaïs, Dionysos, La Grande Sophie (de loin), CALI et Thomas Fersen (10 minutes) ;
- Dimanche : Raphaël, Sergent Garcia (de loin) et Bénabar.

Je confirme, il était possible de faire "plus à fond" ce festival. Concrètement, j'ai été un peu refroidi vendredi par une averse pour le moins torrentielle et comme Thiéfaine ne m'a pas franchement convaincu dans le même temps, je me suis dit que j'allais m'économiser pour la journée de samedi que j'envisageais d'entrée assez "sportive". Pour les 2 autres jours, je ne suis pas arrivé avant 17h, le programme m'intéressait qu'à partir de cette heure là, d'autant plus que j'avais autre chose à faire à côté...
J'admets ne pas avoir pris beaucoup de risques (aucun ?) dans les artistes que j'ai choisi d'aller voir, ce qui n'a pas favorisé la découverte or c'est quand même l'un des principaux objectifs que l'on doit avoir lors d'un festival. De ce point de vue, je suis un peu passé à côté de cette édition de Solidays.
Et puis, j'ai peut-être aussi fait l'erreur de tout organiser en fonction du concert de CALI sur lequel je savais très bien que je prendrais comme d'habitude mon pied. Je me suis donc volontairement économisé le vendredi, puis le samedi sur Dionysos et j'ai plus ou moins raté le concert de La Grande Sophie (disons que je n'ai fait que l'entendre) qui avait lieu juste avant et comme il n'était pas question d'être à plus de 10m de la scène pour CALI, je suis resté sur place après Dionysos.
Est ce que tout cela valait le coup ? CALI est la valeur sûre par excellence. Maintenant le concert ne durait qu'1H et il ne m'a pas franchement épuisé : on était très serrés à l'avant. J'avais déjà vu La Grande Sophie à Brest il y a 2 ans et c'était plutôt pas mal, assez "artisanal". Depuis, il y a eu un album (réussi) et je regrette un peu de l'avoir écarté même si les occasions de la revoir ne devraient pas non plus manquer dans les mois à venir, ce n'est donc pas problématique en soi.

Pour le bilan, j'ai revu avec plaisir les artistes que je vois déjà régulièrement en concert à savoir Olivia Ruiz, Anaïs, CALI et Thomas Fersen. Peu de changement pour Solidays, ils ont tous été à "l'essentiel", soit en interprétant les titres les plus connus et/ou les plus dansants. De plus, comme ce sont d'excellents artistes de scène, le public a logiquement accroché et l'ambiance était plutôt bonne.
C'est amusant de voir à quel point la popularité d'Anaïs a explosé en moins d'un an, la moitié du public connaît aujourd'hui ses chansons. Son Cheap Show ne prend pas vraiment la poussière bien qu'elle le recycle finalement assez peu...
Olivia Ruiz est toujours aussi piquante, beaucoup d'énergie et de personnalité, vivement l'Olympia au mois de décembre.
Je ne reviens pas sur CALI qui reste à mes yeux intouchable en termes de prestation scénique et ce, même après celle des Dionysos dont on m'avait dit beaucoup de bien. Et à raison, le groupe est rôdé, la musique est assez prenante, les paroles sont originales, il y a un réel univers mais l'ensemble ne me "parle" pas assez pour que j'accroche férocement. A voir néanmoins pour la grosse ambiance et la bonne prestation.
J'attendais également au tournant Bénabar que je n'avais pas encore eu l'occasion de voir sur scène. Très bon moment, d'autant plus appréciable quelques minutes après la défaite en Coupe du Monde : il avait ainsi la lourde tâche de relancer Solidays après la diffusion du match. Drôle, bon acteur et expérimenté. Malgré tout, je persiste et signe, je préfère Aldebert dans ce registre.
Je n'ai pas été vraiment convaincu par Thiéfaine, la prestation est certes énergique et le personnage a également pas mal de personnalité sur scène mais je reste assez peu emballé à son sujet, la musique et les textes ne m'inspirent par ailleurs pas grand chose. Question d'appréciation personnelle car objectivement c'est loin d'être mauvais.
Pour les Têtes raides, je suis moyennement fan à la base et il n'y a pas eu de surprise sur scène. Je n'ai pas insisté. Sans plus.
Sergent Garcia avait l'air de pas mal envoyer avec des chansons assez festives. Pourquoi pas à petite dose. J'ai écouté de loin, allongé dans l'herbe au soleil. Le tableau devait laisser assez perplexe car c'est certainement pas l'attitude attendue et indiquée sur ce type de musique. Sur le moment, ça me convenait pourtant assez...
Et puis... Raphaël, un artiste dont je n'ai toujours pas compris le succès, même après 1H de concert. J'en reste assez perplexe. Qui m'explique ?
Je ne parle pas des concerts de Thomas Fersen et de The Zutons car je n'en ai pas vu / entendu assez pour exprimer quoique ce soit.

Pour l'anecdote, je trouve excellente l'initiative de Solidays qui a eu la bonne idée entre vendredi et samedi de mettre de la paille au sol. J'avais en effet très peur après la violente averse de vendredi soir que Solidays se finisse dans une boue infâme. Belle réactivité, peu de festivals anticipent là dessus.

Pour terminer, Solidays n'est pas seulement un festival de musique, les organisateurs n'ont pas manqué de nous le rappeler. Plusieurs personnes sont donc intervenues avant les concerts pour parler du SIDA ou de sujets périphériques, le propos tenu est toujours catastrophiste mais aussi très souvent, idéologiquement parlant, d'extrême gauche. Il y a évidemment des choses inacceptables et je rejoins le discours dans sa problématique de fond mais tout cela est présenté avec tant de démagogie et de paradoxes consternants qu'il m'a été difficile de ne pas sourire à certains moments. Certes, ce n'est pas une exclusivité, l'extrême gauche est la spécialiste attitrée de l'incohérence et de l'égoïsme hypocrite.
Alors "On s'en fout pas" ? Probablement, mais rarement à n'importe quel prix, soyons honnête. L'Afrique a prioritairement besoin d'une chose et cette chose, il n'en déplaise, c'est la mondialisation, celle que l'extrême gauche combat sans relâche. Laissons la mondialisation faire pleinement son oeuvre au lieu de lui barrer systématiquement la route (pour défendre par exemple nos petits intérêts agricoles) car c'est bien la seule qui peut durablement et dignement sortir tous ces pays de la misère et (pour recentrer le propos sur le sujet) leur donner l'accès à des soins médicaux. C'est de cette manière qu'on tend la main à un pays, en lui donnant une chance, en lui donnant une place.
Je ne suis pas du tout contre le fait d'aider ponctuellement d'autres populations financièrement mais il est clair que nous y serons encore dans 50 ans si on en reste là. Sans compter que pour le SIDA, il y a autre chose qui rentre clairement en ligne de compte : il convient en premier lieu d'informer ces populations et ensuite de les responsabiliser bref de s'attaquer à la cause et non à la conséquence (même s'il ne faut pas l'oublier), il faut aider l'Afrique a prendre conscience de sa condition et a renversé d'elle même ses républiques bananières aux pratiques sclérosantes.
Je ne crois pas qu'il faille s'étonner que les populations des pays dit "riches" soient plus généreuses quand il s'agit d'aider l'Asie suite à un tsunami que l'Afrique sur la question du SIDA. A mon avis, c'est délicat à dire mais il y a bien plus de légitimité dans cette première aide. Entendons-nous bien, cela ne signifie pas que je préconise de ne rien faire concernant l'Afrique mais ce continent est "aidé" (financièrement tout du moins) par nos pays depuis maintenant des décennies et la situation ne s'arrange franchement pas. Et pour cause, l'argent donné est rarement employé à bon escient.
En ce qui nous concerne plus directement, le problème est à mon avis ailleurs et j'invite à jeter un oeil du côté de nos économies protectionnistes. Osons aider (honnêtement) l'Afrique ! Libérons (par exemple) l'Agriculture.

lundi 5 juin 2006

Quand le Café de la Danse oublie de communiquer...

Avec une communication digne des entreprises publiques françaises (c'est dire l'ampleur de la catastrophe puisque la communication y est au mieux inexistante ou incommensurablement médiocre !), le Café de la Danse mérite ce soir toutes mes félicitations.

Après plusieurs centaines de concerts, je n'avais en effet jamais fait le constat d'un tel irrespect et d'un tel manque de professionnalisme de la part de responsables d'une salle de concert. Même le Nouveau Casino, maître sur ce terrain depuis sa légendaire feuille froissée annonçant, 15 minutes après l'heure initiale, un retard d'1H30 dans un froid terrible, ne fait aujourd'hui pas le poids. Pour trouver aussi lamentable, il faudrait évidemment invoquer les grands monopoles publics car ils sont les seuls à ne pas avoir de compte à rendre à leurs clients usagers (tout du moins à le penser !).

Pourquoi ce coup de gueule ? Tout simplement pour rappeler que lorsqu'un concert est annulé, la moindre des politesses est d'en informer le spectateur (ici le client !) et le minimum en matière de communication est d'indiquer à l'entrée de la salle, à ce spectateur, qu'il peut rentrer chez lui.
Il est certain, cela ne lui rendra pas le sourire sur le moment, mais à défaut, cela lui évitera de perdre trop de temps à attendre une annonce officielle qui ne viendra pas.

Merci de m'avoir fait perdre près de 3H aujourd'hui. Cela est tout simplement inacceptable et inexcusable, quelque soit la raison de cette annulation.

J'admets être (un peu) énervé et (accessoirement) déçu. Ça se paye.

vendredi 2 juin 2006

The Return Of The Chlorophyll Bunny - Olivia Lufkin

Qu'ai je donc fumé ? Mais rien du tout... Je souhaite simplement vous faire partager la bonne nouvelle du moment : Olivia Lufkin nous revient après 2 ans de silence !
Très bien, me dites-vous, mais qui est ce donc ? Et je vous l'accorde, la question mérite bien d'être posée...

Olivia Lufkin

Olivia Lufkin est en quelque sorte le dernier "vestige" de ma période Jpop (Japanese Pop). Il s'agit d'une artiste japonaise qui après 2 albums s'est arrêtée pour - je l'espère - mieux nous revenir.
Avant sa pause, elle évoluait sur un rock alternatif voire sur certains morceaux vers du heavy-rock ou encore du trip-hop. Auteur d'un travail surprenant et tout à fait éclectique la demoiselle...

J'ai déjà eu l'occasion de chroniquer les albums de cette artiste sur Nihon-fr à la sortie de Merry & Hell Go Round en 2003, puis de The Lost Lolli en 2004. Si elle ne se plante pas sur son prochain album, je vous promets d'en reparler ici même car elle a une intelligence d'interprétation et une originalité tout à fait saisissante, en plus d'être une parolière affirmée.

Pour finir et éclaircir un peu le titre du billet, The Return Of The Chlorophyll Bunny est le titre d'un des mini-albums d'Olivia Lufkin.

Site officiel : http://www.avexnet.or.jp/olivia/
Fansite français : http://lufkin.rf.lv/ (un site qui est également dédié à sa soeur plutôt prometteuse, Caroline)

jeudi 1 juin 2006

Pas de "fracture du crâne" à l'Européen... - Ariane Moffat

Ariane Moffat

Il y a des artistes que j'ai du mal à projeter sur scène (probablement par manque d'imagination) ou plus clairement des artistes que j'hésite à aller voir en concert car j'ai le sentiment qu'ils pourraient bien se révéler "ennuyeux". Disons le, ce sont des artistes pour lesquels je suis assez "sceptique" alors même que leur(s) album(s) m'ont convaincu...
J'avais eu ce premier sentiment en 2003 avant d'aller voir Emilie Simon et ceux qui me connaissent savent ce qu'il en est advenu par la suite... ;)
Je me suis à nouveau lourdement trompé pour Melissa Mars en début d'année, en revanche ce ne fut pas le cas pour Coralie Clément l'année dernière. ;)

Hier soir, je me suis enfin décidé à aller voir Ariane Moffat à l'Européen puisque ses albums ont retenu mon attention et qu'il me semble toujours très naturel et évident d'aller voir un artiste en concert dans ce cas là. Je ne vais pas développer aujourd'hui mais je suis de ceux qui pensent qu'il est tout à fait essentiel de voir les artistes en live pour s'en faire une véritable idée.
Je connais plutôt bien l'Européen - j'y ai déjà vu de nombreux artistes (Jeanne Cherhal, Aldebert, Melissa Mars etc.) - c'est une salle agréable et particulièrement intimiste (la taille de la salle aidant).

Ariane Moffat est une artiste québécoise assez hétéroclite qui oscille entre electro-pop et electro-rock sur la majorité des morceaux mais qui est tout à fait capable de sortir de ces registres (en témoigne le très groove et presque rap "Fracture du crâne"). Il est d'ailleurs rafraîchissant de voir à quel point le Québec parvient à exporter en ce moment bien plus que ses très classiques "grandes voix", je pense notamment à Dobacaracol et sa musique très exotique, qui a toutes ses chances de rencontrer du succès à quelques jours de l'été (là aussi je suis sceptique).

Depuis la mi-mai, Ariane Moffat est donc à l'Européen tous les soirs et semble bien s'y plaire.

Je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, je me suis encore une fois bien trompé. En plus d'être très douée et prometteuse, cette chanteuse est tout à fait passionnante en concert.

Pendant un peu plus d'1H, Ariane Moffat s'amuse entre piano, clavier, batterie (?!) et son "laboratoire" électronique (pas si étonnant qu'elle fasse la 1ère partie d'Emilie Simon au Québec). Elle y prend un plaisir manifeste, le public aussi. Mais Ariane Moffat, c'est aussi une voix singulière, touchante, douce et tellement plus intéressante que les fameuses "grandes voix" qui nous arrivent trop souvent du Québec.
Moderne, entraînante, surprenante (un duo original et des plus amusants avec Albin de la Simone) et rayonnante, Ariane Moffat s'impose avec grand succès à l'Européen et pour tout dire, il me tarde de la revoir dans une prestation un peu plus longue. 1H, c'est trop juste !

Je me demande en ce moment, en réécoutant les CDs, comment j'ai pu douter un instant de l'intérêt de voir cette artiste en concert...
Cela confirme aussi ce que je pense depuis bien longtemps, une prestation live modifie nécessairement l'écoute que l'on a d'un artiste et permet d'aller bien plus loin avec lui.

A voir d'urgence puisque la chanteuse repart au Québec en fin de semaine.

http://www.arianemoffatt.com/