Anthony Stéphan

lundi 17 mars 2008

Un radeau sur un océan de méduses

Je souhaite saluer la victoire de Jean-Jacques GUILLET (candidat Divers Droite) au second tour des élections municipales de Chaville.
Face à une liste Divers Gauche composée de socialistes mous, de verts pastèques et de communistes, la liste Union pour Chaville l'a emporté, d'une victoire courte (176 voix / 8223 votants) mais salutaire !
Aussi, face à cet enjeu local d'un second tour imprévisible, je dois bien admettre avoir mis une nouvelle fois entre parenthèses une partie de mes convictions minarchistes. Car laisser le pouvoir à des gauchistes irresponsables m'est devenu totalement insupportable, quelque soit le contexte et malgré la déception.

A vrai dire, il faut aussi reconnaitre à Jean-Jacques GUILLET quelques positions intéressantes.
L'homme a le courage de se déclarer libéral en pleine réunion publique (même si cela mérite vérification, il convient de dire qu'en 2008 à l'UMP, ils se font bien rares !). Par ailleurs, l'argus parlementaire de Contribuables Associés lui attribue une côte recevable bien que insuffisante de 13,5 / 29 - ce qui en fait un député pas totalement inutile à l'heure où la plupart d'entre eux rivalisent de médiocrité avec des côtes affligeantes de 0. De mon point de vue, de tels bilans devraient être définitivement éliminatoires. A quoi et qui donc servent ces députés là ?
De surcroit, Jean-Jacques GUILLET apparait dans ses discours très soucieux du sort des contribuables. Il faut bien dire que sur ce terrain, il pourra de toute manière difficilement faire pire que son prédécesseur, qui à l'instar de ses pairs, n'a jamais manqué de créativité pour dilapider sans vergogne l'argent volé aux contribuables.
Je ne me fais guère d'illusions pour la suite, le radeau aura milles occasions de sombrer, peut-être d'ailleurs parmi les méduses, mais je suis pour l'heure rassuré étant donné le contexte.

A ce propos, la débâcle enregistrée par la Droite au niveau national n'a absolument rien de rassurant. Pire, entendre un gouvernement, manifestement en voie d'autisme, parler de (juste ?) rééquilibrage est une insulte faite aux électeurs et aux Français.
L'Histoire bégaie une nouvelle fois et les Français s'accordent naïvement dans un mouvement de balancier immature et schizophrène, sans aucune vision. Dans ce contexte, la Droite qui n'a jusqu'à présent pas brillé par son courage politique, risque bien de ralentir encore le train des réformes, au point de n'en faire aucune sérieusement en 5 ans. Un scénario catastrophe dont la France pourrait tout à fait se passer...


(*) Le titre de ce billet fait référence à l'oeuvre de Théodore Géricault - Le Radeau de la Méduse

dimanche 17 février 2008

La France regarde l'abîme, l'abîme regarde la France

Il semblerait que la lune de miel de Nicolas Sarkozy avec les Français soit terminée et que le Président s'achemine désormais vers un divorce avec une grande partie de ses électeurs. Rien d'alarmant, si ce n'est que les réformes n'ont pas eu lieu.

Je témoignais en mai 2007 d'une insatisfaction et de bien peu d'espoir pour la suite, il va sans dire que ces quelques mois passés ont largement confirmé ce sentiment. A présent, il est clair que Nicolas Sarkozy est incapable de mener à bien la rupture qu'il a promise aux Français, alors même que ses promesses étaient déjà bien en deça des mesures nécessaires au redressement de la France.

A fortiori, le constat est sans appel : le gouvernement affiche un bilan d'une médiocrité insultante. Beaucoup de problèmes ont déjà été brassés par des commissions inutiles et force est de constater que la cohérence, la clairvoyance et le bon sens n'ont pas profité de l'ouverture. Nos maux font manifestement l'objet d'un traitement ab absurdo. Si l'hyper-activité du Président a pu tromper un temps les Français, il s'avère à présent difficile de ne pas observer que les réformes attendues sont au mieux des demi-mesures, au pire des réformettes avortées sur lesquelles il n'est maintenant plus possible de revenir.
Ainsi, il semblerait que Nicolas Sarkozy soit déjà dans l'impasse et à ce stade, il n'y a plus de procès d'intention, il n'y aura pas de rupture. Faute de courage, de lucidité et de vision politique : Nicolas Sarkozy n'a jamais vraiment eu de vision politique, à l'instar de ses prédecesseurs. Le système ne produit et ne porte aux nues que des traitres opportunistes et des politiques crapuleux, incompétents voire totalement idiots.

A vrai dire, ce n'est pas seulement l'affaire d'un mandat qui tombe à l'eau, mais celle d'un système politique qui vient de faire irrémédiablement faillite. Désormais, les Français ne pourront plus jamais entrevoir dans le système politique actuel la moindre porte de sortie, à moins que la maladie d'Alzheimer fasse un carton d'ici 2012. Autant dire que nous venons tous de perdre à nouveau 5 ans (voire plus encore) alors qu'il n'est pas du tout certain que nous puissions faire l'économie de vraies réformes pendant cette période.
Un remaniement libéral du gouvernement à l'issue des municipales reste tout à fait improbable, l'arrivée de nouveaux collectivistes démagogues l'est en revanche bien moins. Les libéraux ne sont pas en mesure de proposer une alternative, ils n'ont aucune place et marge de manoeuvre dans un système cadenaçé et dirigiste.

Dès lors, il n'y a plus qu'à espérer un effondrement rapide du système car seul le vertige de l'abïme rendra possible la prise de décision rationnelle qui s'impose. A moins que les Français s'emportent d'une furia francese ou encore, abyssus abyssum invocat, qu'ils soient incapables de mettre un terme à leur décadence.


(*) Le titre de ce billet fait référence à l'oeuvre de Friedrich Nietzsche - "Si tu plonges longtemps ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi".

mercredi 2 mai 2007

Venin gauchiste et fantasme centriste

Je suis tout à fait consterné quant à la tournure prise par cet entre-deux-tours de la Présidentielle.

L'entreprise de diabolisation mise en route par le Parti socialiste à l'encontre du candidat Nicolas Sarkozy est écoeurante et inacceptable. Il est bien connu que la peur (de perdre) engendre la Haine. Faut-il rappeler aux socialistes que l'amplitude du déclin de la France mérite pourtant un peu plus de considération et de sérieux ?
La gauche confirme dans cette dernière ligne droite qu'elle n'a absolument rien d'autre que des menaces à proposer aux Français et qu'elle n'a pas l'intention de faire autre chose que d'agiter des épouvantails. On peut reconnaître qu'elle détient d'ailleurs là un rare savoir-faire !
Dans ces circonstances, il serait suicidaire de lui confier les manettes d'un pays qu'elle a déjà, de surcroît, tant plombé par le passé.

Il en va naturellement de même à propos des accusations à répétition de François Bayrou au sujet d'hypothétiques pressions médiatiques de Nicolas Sarkozy.
Si François Bayrou a des éléments que les Français ignorent, il est à présent urgent qu'il les rende publics. Dans le cas contraire, qu'il s'abstienne de diffamations honteuses, qu'il accepte sa défaite en laissant le second tour aux candidats qui y sont et surtout, par pitié, qu'il prépare un programme pour 2012 !
Je pense que tout ceci n'est une fois de plus pas sérieux et relève du fantasme. BFM et RMC l'ont prouvé en organisant sans difficulté le fameux débat "interdit" entre Ségolène Royal et François Bayrou samedi dernier. Toute une affaire pour entendre Ségolène Royal proposer publiquement à François Bayrou de "dépenser ensemble" l'argent des Français. Nul doute que le contribuable appréciera tant d'enthousiasme et d'ouverture ! Tout ceci est prometteur.
Pour le reste, les médias qui n'ont pas été en mesure de mettre sur pied ce débat sont tout simplement tombés dans l'autocensure. Rien de neuf au sein du quatrième pouvoir !

Je me réjouis de voir ce bal de faux-cul prendre fin dans quelques jours et avec lui, les tractations incompréhensibles, les ralliements de polichinelles, les retournements de veste surnaturels, les lynchages honteux, le matraquage insupportable et le suivisme atterrant des médias.

Il est de plus en plus probable que je revienne sur mon intention de vote du second tour (blanc) pour un vote en faveur du candidat conservateur. Si la rupturette sarkozyste m'apparaît toujours peu convaincante, les lumières de Sully1, Jacques Garello, Jean-louis Caccomo et du dernier numéro de Contribuables associés m'invitent à mettre mes convictions libérales entre parenthèses quelques jours et à épargner (dans une certaine mesure) à la France cinq nouvelles années d'esclavage collectiviste. Une dose qui lui serait sans nul doute fatal comme l'a bien compris l'arriviste socialiste de dernière minute, Jacques Séguéla.

Pour autant, je vois mal comment on peut résoudre les problèmes avec ceux qui les ont créés et que cela soit clair, si je fais ce choix d'ici dimanche, ce ne sera pas un choix de conviction et de soutien.

lundi 23 avril 2007

A quoi peut bien servir un conseil municipal ?

Voilà la question que se pose actuellement un collectif de citoyens d'une petite ville de Bretagne, Trégunc. Et la question mérite en effet d'être posée comme en témoigne le tract disponible ici.

Que ce soit au niveau municipal ou national, nos politiques n'ont de cesse de désigner des coupables et de pointer des boucs émissaires.
Ce collectif a bien compris que ce comportement de fuite n'a d'aussi insupportable, pour le contribuable citoyen, que ce qui lui en coûte.

Cette spoliation étatique que l'on retrouve à tous les niveaux doit être fermement dénoncée. Plus encore, ce racket légal doit cesser de toute urgence, de surcroît quand il n'a pas d'obligation de résultats et qu'il en obtient, sans surprise, de très médiocres : faute de s'investir et d'en avoir la compétence.
Malheureusement, le Tout Etat fait recette en France, cette élection Présidentielle ne manque pas de nous le rappeler.

J'apporte naturellement mon plein soutien à ce collectif dans son combat contre les, très justement nommés, "Pas-nous, pas-nous".
Il est l'heure de passer un salutaire coup de balai printanier !

lundi 9 avril 2007

Blanc et Blanc : Blanc sur Rouge et Blanc sur Noir.

Blanc et Blanc. J'ai l'intention de voter Blanc aux 2 tours de l'élection présidentielle puisque aucun candidat est en mesure de me convaincre plus de 5 minutes et sur plus de 50% de son programme. Le compromis qu'a accepté de faire Alternative Libérale par son soutien à François Bayrou n'est pas le mien, et un tel grand écart me serait fort douloureux. J'ai vu cet homme à son Congrès national au Zénith et j'ai pu constater qu'il n'avait pas grand chose à dire d'autre qu'il était au centre, que l'avenir s'y trouvait et qu'il fallait d'urgence graviter autour de son soleil : 4 mesurettes et aucune posture crédible. Certainement pas celle d'un homme honnête, avec les Français et avec lui même. Je ne crois pas un instant à ce centrisme mou du genou, à ce ni-ni de la Politique qui a finalement peu à proposer au delà d'une hypothétique réforme des institutions, qui pourrait un jour être favorable aux libéraux. Les dernières déclarations de François Bayrou semblent d'ailleurs confirmer qu'ils roulent bien les Français dans la farine. Très peu pour moi, je ne mange pas de ce pain là.

Blanc sur Rouge. 10 candidats anti-libéraux, 5 candidats trotskistes, 0 candidat libéral. Comme dirait Madelin, les anti-libéraux chassent des fantômes. Ghost Busters 2007.
Je remercie le CSA d'imposer ses règles aberrantes aux médias et d'offrir 5/12e de temps de parole de la campagne à ces charlatans d'un autre temps. Bienvenue dans la démocratie totalitaire, bienvenue en France !
La presse internationale est au moins aussi indignée que les libéraux Français et d'une certaine manière, il est rassurant de voir qu'à l'étranger, la teneur surnaturelle de cette élection n'a échappé à personne ! Il est en revanche plus alarmant de constater que cette situation amuse de moins en moins...

Blanc sur Noir. Car la France va assurément droit dans le mur, la situation étant de plus en plus critique : ce n'est pourtant pas faute de tirer la sonnette d'alarme. Trop d'épouvantails sont agités de part et d'autres dans ce pays pour que les idées libérales puissent avoir un écho. Dans cette agonie, le sursaut est improbable et la moraline adoucit les maux... Pour combien de temps encore ?
Je crains désormais qu'il n'y ait qu'une situation de chaos qui puisse amener la France à opérer à un virage à 180° et à faire table rase de son système et de ses institutions. Nul doute que ce chaos attend son heure et approche... comme en témoignent la crise des banlieues et le soulèvement récent à la Gare du Nord (Paris) : la France se révèle être chaque jour davantage une poudrière, la société de la Peur se matérialise. Il y a de quoi être inquiet et il faut bien admettre qu'il serait préférable qu'une "Révolution légale" puisse canaliser ces énergies. Visiblement, les sceptiques sont nombreux et se reconnaissent vite entre eux. Dès lors, "le feu couve sous la cendre", le PS voit juste mais oublie étonnamment d'en assumer sa part de responsabilité. Un peu facile !