Solidays fut cette année encore un rendez-vous estival immanquable pour les amateurs de musique en plein air.

En ce qui me concerne, le programme des festivités a été plutôt "light" cette année :

- Vendredi : Olivia Ruiz, The Zutons (vaguement) et Thiéfaine (à moitié) ;
- Samedi : Têtes raides (à moitié), Anaïs, Dionysos, La Grande Sophie (de loin), CALI et Thomas Fersen (10 minutes) ;
- Dimanche : Raphaël, Sergent Garcia (de loin) et Bénabar.

Je confirme, il était possible de faire "plus à fond" ce festival. Concrètement, j'ai été un peu refroidi vendredi par une averse pour le moins torrentielle et comme Thiéfaine ne m'a pas franchement convaincu dans le même temps, je me suis dit que j'allais m'économiser pour la journée de samedi que j'envisageais d'entrée assez "sportive". Pour les 2 autres jours, je ne suis pas arrivé avant 17h, le programme m'intéressait qu'à partir de cette heure là, d'autant plus que j'avais autre chose à faire à côté...
J'admets ne pas avoir pris beaucoup de risques (aucun ?) dans les artistes que j'ai choisi d'aller voir, ce qui n'a pas favorisé la découverte or c'est quand même l'un des principaux objectifs que l'on doit avoir lors d'un festival. De ce point de vue, je suis un peu passé à côté de cette édition de Solidays.
Et puis, j'ai peut-être aussi fait l'erreur de tout organiser en fonction du concert de CALI sur lequel je savais très bien que je prendrais comme d'habitude mon pied. Je me suis donc volontairement économisé le vendredi, puis le samedi sur Dionysos et j'ai plus ou moins raté le concert de La Grande Sophie (disons que je n'ai fait que l'entendre) qui avait lieu juste avant et comme il n'était pas question d'être à plus de 10m de la scène pour CALI, je suis resté sur place après Dionysos.
Est ce que tout cela valait le coup ? CALI est la valeur sûre par excellence. Maintenant le concert ne durait qu'1H et il ne m'a pas franchement épuisé : on était très serrés à l'avant. J'avais déjà vu La Grande Sophie à Brest il y a 2 ans et c'était plutôt pas mal, assez "artisanal". Depuis, il y a eu un album (réussi) et je regrette un peu de l'avoir écarté même si les occasions de la revoir ne devraient pas non plus manquer dans les mois à venir, ce n'est donc pas problématique en soi.

Pour le bilan, j'ai revu avec plaisir les artistes que je vois déjà régulièrement en concert à savoir Olivia Ruiz, Anaïs, CALI et Thomas Fersen. Peu de changement pour Solidays, ils ont tous été à "l'essentiel", soit en interprétant les titres les plus connus et/ou les plus dansants. De plus, comme ce sont d'excellents artistes de scène, le public a logiquement accroché et l'ambiance était plutôt bonne.
C'est amusant de voir à quel point la popularité d'Anaïs a explosé en moins d'un an, la moitié du public connaît aujourd'hui ses chansons. Son Cheap Show ne prend pas vraiment la poussière bien qu'elle le recycle finalement assez peu...
Olivia Ruiz est toujours aussi piquante, beaucoup d'énergie et de personnalité, vivement l'Olympia au mois de décembre.
Je ne reviens pas sur CALI qui reste à mes yeux intouchable en termes de prestation scénique et ce, même après celle des Dionysos dont on m'avait dit beaucoup de bien. Et à raison, le groupe est rôdé, la musique est assez prenante, les paroles sont originales, il y a un réel univers mais l'ensemble ne me "parle" pas assez pour que j'accroche férocement. A voir néanmoins pour la grosse ambiance et la bonne prestation.
J'attendais également au tournant Bénabar que je n'avais pas encore eu l'occasion de voir sur scène. Très bon moment, d'autant plus appréciable quelques minutes après la défaite en Coupe du Monde : il avait ainsi la lourde tâche de relancer Solidays après la diffusion du match. Drôle, bon acteur et expérimenté. Malgré tout, je persiste et signe, je préfère Aldebert dans ce registre.
Je n'ai pas été vraiment convaincu par Thiéfaine, la prestation est certes énergique et le personnage a également pas mal de personnalité sur scène mais je reste assez peu emballé à son sujet, la musique et les textes ne m'inspirent par ailleurs pas grand chose. Question d'appréciation personnelle car objectivement c'est loin d'être mauvais.
Pour les Têtes raides, je suis moyennement fan à la base et il n'y a pas eu de surprise sur scène. Je n'ai pas insisté. Sans plus.
Sergent Garcia avait l'air de pas mal envoyer avec des chansons assez festives. Pourquoi pas à petite dose. J'ai écouté de loin, allongé dans l'herbe au soleil. Le tableau devait laisser assez perplexe car c'est certainement pas l'attitude attendue et indiquée sur ce type de musique. Sur le moment, ça me convenait pourtant assez...
Et puis... Raphaël, un artiste dont je n'ai toujours pas compris le succès, même après 1H de concert. J'en reste assez perplexe. Qui m'explique ?
Je ne parle pas des concerts de Thomas Fersen et de The Zutons car je n'en ai pas vu / entendu assez pour exprimer quoique ce soit.

Pour l'anecdote, je trouve excellente l'initiative de Solidays qui a eu la bonne idée entre vendredi et samedi de mettre de la paille au sol. J'avais en effet très peur après la violente averse de vendredi soir que Solidays se finisse dans une boue infâme. Belle réactivité, peu de festivals anticipent là dessus.

Pour terminer, Solidays n'est pas seulement un festival de musique, les organisateurs n'ont pas manqué de nous le rappeler. Plusieurs personnes sont donc intervenues avant les concerts pour parler du SIDA ou de sujets périphériques, le propos tenu est toujours catastrophiste mais aussi très souvent, idéologiquement parlant, d'extrême gauche. Il y a évidemment des choses inacceptables et je rejoins le discours dans sa problématique de fond mais tout cela est présenté avec tant de démagogie et de paradoxes consternants qu'il m'a été difficile de ne pas sourire à certains moments. Certes, ce n'est pas une exclusivité, l'extrême gauche est la spécialiste attitrée de l'incohérence et de l'égoïsme hypocrite.
Alors "On s'en fout pas" ? Probablement, mais rarement à n'importe quel prix, soyons honnête. L'Afrique a prioritairement besoin d'une chose et cette chose, il n'en déplaise, c'est la mondialisation, celle que l'extrême gauche combat sans relâche. Laissons la mondialisation faire pleinement son oeuvre au lieu de lui barrer systématiquement la route (pour défendre par exemple nos petits intérêts agricoles) car c'est bien la seule qui peut durablement et dignement sortir tous ces pays de la misère et (pour recentrer le propos sur le sujet) leur donner l'accès à des soins médicaux. C'est de cette manière qu'on tend la main à un pays, en lui donnant une chance, en lui donnant une place.
Je ne suis pas du tout contre le fait d'aider ponctuellement d'autres populations financièrement mais il est clair que nous y serons encore dans 50 ans si on en reste là. Sans compter que pour le SIDA, il y a autre chose qui rentre clairement en ligne de compte : il convient en premier lieu d'informer ces populations et ensuite de les responsabiliser bref de s'attaquer à la cause et non à la conséquence (même s'il ne faut pas l'oublier), il faut aider l'Afrique a prendre conscience de sa condition et a renversé d'elle même ses républiques bananières aux pratiques sclérosantes.
Je ne crois pas qu'il faille s'étonner que les populations des pays dit "riches" soient plus généreuses quand il s'agit d'aider l'Asie suite à un tsunami que l'Afrique sur la question du SIDA. A mon avis, c'est délicat à dire mais il y a bien plus de légitimité dans cette première aide. Entendons-nous bien, cela ne signifie pas que je préconise de ne rien faire concernant l'Afrique mais ce continent est "aidé" (financièrement tout du moins) par nos pays depuis maintenant des décennies et la situation ne s'arrange franchement pas. Et pour cause, l'argent donné est rarement employé à bon escient.
En ce qui nous concerne plus directement, le problème est à mon avis ailleurs et j'invite à jeter un oeil du côté de nos économies protectionnistes. Osons aider (honnêtement) l'Afrique ! Libérons (par exemple) l'Agriculture.