lundi 3 juillet 2006
Qui ne saute pas n'est pas Français.
Par Anthony Stéphan, lundi 3 juillet 2006 à 19:05 :: Société
Nous en sommes à peu près là en France. Je vais essayer de ne pas trop plomber l'ambiance car "on est en demi".
J'ai expérimenté le Stade Charléty samedi soir et je reste tout de même un peu perplexe devant tant d'engouement. Il faut bien dire, j'avais choisi mon lieu pour cet évènement...
Pas de réelle surprise, je sais depuis longtemps à quel point le football est fédérateur (surtout en période de Coupe du Monde). Il y a d'ailleurs aucune comparaison possible dans cette capacité à soulever les foules, je suppose même que l'autre moitié de l'hémisphère pourrait disparaître qu'il n'y aurait pas tant de réaction. Dans l'absolu, j'admets que la fête fut plutôt sympathique, de bonnes intentions, de bonnes excuses : on se divertit comme on peut et si c'est avec le football, qu'il en soit ainsi, à chacun ses plaisirs, aucun problème dans le principe.
Malheureusement ce plaisir n'était pas seul samedi soir ou tout du moins prenait aussi racine dans un chauvinisme agressif, dans un irrespect frappant et dans une agressivité absurde. Un terreau pour le moins douteux. Résultat : insultes, mauvaise foi, bagarres, casse etc.
Fiers d'être Français ? Certes, mais sans moi (et pas seulement ce soir là). Quand je vois l'état dans lequel était le Stade Charléty à la fin du match, quand j'entends ces propos intolérants et insultants, quand je vois ces réactions violentes injustifiées, il y a quand même là un envers du décor préoccupant et inacceptable. Tout cela pouvait bien être enrobé avec ferveur dans la joie des uns et le bonheur des autres, les dérapages restent difficiles à digérer quelque soit le prétexte invoqué et je crains de surcroît qu'ils n'étaient pas seulement le fruit d'une minorité. A ce niveau, il est impossible de dire qu'il s'agit d'un esprit "bon enfant" et j'admets avoir rarement autant flirté avec la médiocrité. Ce n'est bien entendu pas, directement ou indirectement, le Football que j'incrimine ici mais les Français, décevants et pas à la hauteur comme d'habitude. Dans ces circonstances, comment espérer qu'ils le soient dans un an à l'heure de se rendre aux urnes, sans Zidane et Thierry Henry pour leur montrer la voie ?