Anthony Stéphan

vendredi 2 juin 2006

The Return Of The Chlorophyll Bunny - Olivia Lufkin

Qu'ai je donc fumé ? Mais rien du tout... Je souhaite simplement vous faire partager la bonne nouvelle du moment : Olivia Lufkin nous revient après 2 ans de silence !
Très bien, me dites-vous, mais qui est ce donc ? Et je vous l'accorde, la question mérite bien d'être posée...

Olivia Lufkin

Olivia Lufkin est en quelque sorte le dernier "vestige" de ma période Jpop (Japanese Pop). Il s'agit d'une artiste japonaise qui après 2 albums s'est arrêtée pour - je l'espère - mieux nous revenir.
Avant sa pause, elle évoluait sur un rock alternatif voire sur certains morceaux vers du heavy-rock ou encore du trip-hop. Auteur d'un travail surprenant et tout à fait éclectique la demoiselle...

J'ai déjà eu l'occasion de chroniquer les albums de cette artiste sur Nihon-fr à la sortie de Merry & Hell Go Round en 2003, puis de The Lost Lolli en 2004. Si elle ne se plante pas sur son prochain album, je vous promets d'en reparler ici même car elle a une intelligence d'interprétation et une originalité tout à fait saisissante, en plus d'être une parolière affirmée.

Pour finir et éclaircir un peu le titre du billet, The Return Of The Chlorophyll Bunny est le titre d'un des mini-albums d'Olivia Lufkin.

Site officiel : http://www.avexnet.or.jp/olivia/
Fansite français : http://lufkin.rf.lv/ (un site qui est également dédié à sa soeur plutôt prometteuse, Caroline)

mardi 16 mai 2006

Invitation au voyage - MIG

Le titre du billet n'est pas sans faire écho à l'un des poèmes de Charles Baudelaire et ce n'est en rien un hasard puisque je ne pense pas avoir aussi bien voyagé depuis mes lectures de son exceptionnel recueil, Les Fleurs du Mal.

Visuel Yamatna

MIG est un groupe de trip-hop français (Grenoble) dont le premier véritable album, Dhikrayat, est sorti en 2004. Le deuxième album, Yamatna, est disponible depuis le mois de février.

La musique de MIG est empreinte d'un exotisme raffiné, d'une sensualité hypnotique et parfois d'une mélancolie amère et désenchantée. Ce n'est pourtant pas le Spleen baudelairien mais son Idéal que j'entrevois en premier lieu, notamment pour cette capacité à s'affranchir des barrières et des frontières.

Musique élégante, aérienne et enivrante, il y a dans cette envolée lyrique une (con)fusion des sens, quelque chose des correspondances (horizontales) mises en relief dans l'œuvre de Baudelaire, une synesthésie poétique délicieuse et lumineuse. A son service, Djazia Satour, chanteuse surprenante dont la voix fascinante et intense ne cesse de transcender l'œuvre du groupe en concert.

Que ce soit en langue française, anglaise ou arabe, MIG ne se refuse aucune curiosité et articule méticuleusement les sonorités en évitant toutes dissonances malvenues. Il y a ici de l'harmonie, là les cultures s'embrassent et s'embrasent, dans une énergie inépuisable, un profond désir de liberté. De cette liberté de voyager et de transgresser le quotidien - le banal et l'insipide. La musique de MIG n'invite pas seulement au voyage, tout simplement elle le permet.

A la fois envoûtants et efficaces, les concerts du groupe, loin de se contenter de retranscrire une musique sur scène, donnent "à voir". Tangible, cette libération des sens qui se matérialise par la danse tantôt frénétique tantôt langoureuse de Djazia Satour, magnifiée par une expression gestuelle gracieuse, sensuelle et résolument groove.

Et si c'était tout, je me serais peut-être contenté de voir ce groupe en concert, le plus souvent possible (2 fois sur la première tournée, 4 fois sur la seconde). Mais décidemment perfectionniste, MIG dissimule son trip-hop coloré derrière des pochettes d’album magnifiques et s'annonce sur des affiches d'une esthétique rare, témoignant d'une créativité surprenante (cf. le travail d'Arnaud Jarsaillon). Il n'y a donc pas le choix, il vous faudra aussi acheter les 2 albums…

http://www.mig-website.net/